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Mieux répondre aux besoins spirituels et culturels des patients en soins palliatifs à domicile

Anne Charpentier-Hébert, étudiante à la maîtrise, Université du Québec à Montréal (UQAM), titulaire d’une bourse d’études supérieures 2021 du Groupe CSA

En 2019, le Groupe CSA a lancé son programme de bourse d’études supérieures pour soutenir les étudiants à la maîtrise menant des recherches liées aux normes. Nous voulons présenter les titulaires de bourses de 2021 et vous expliquer en quoi leurs recherches peuvent contribuer à l’amélioration des normes.

Photo de profil de Anne Charpentier-Hébert, titulaire d’une bourse d’études supérieures du Groupe CSA en 2021La Loi concernant les soins de fin de vie qui assure que toute personne en fin de vie « ait accès à des soins de qualité adaptés à ses besoins »[1], est entrée en vigueur au Québec en 2015. La mise en application de cette loi a entraîné de nouvelles exigences pour les professionnels des soins de santé en matière de soins palliatifs de même qu’en accompagnement, conseils et soutien aux patients et familles en cette période difficile. Les soignantes sont-elles bien préparées à effectuer cette tâche, plus précisément dans le contexte des soins palliatifs à domicile?

C’est la question à laquelle s’est intéressée Anne Charpentier-Hébert, étudiante à la maîtrise au Programme de sciences des religions — concentration en études sur la mort à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle-même infirmière autorisée, Anne savait durant ses études qu’il y avait peu de formation en accompagnement de personnes en fin de vie. Ni guère plus sur leurs besoins spirituels, religieux ou culturels.

Forte de son expérience en profession infirmière, Anne comprenait aussi à quel point il est important que les infirmières soient bien outillées pour faire leur travail. Elle s’est donc fixé comme objectif de recherche d’aider à élaborer un programme de formation pour soutenir les professionnels des soins de santé dans l’acquisition des aptitudes voulues en soins spirituels et en évaluation des besoins en période de fin de vie.

Anne a commencé son travail en rencontrant des infirmières en soins palliatifs à domicile. Elle voulait connaître leur expérience de travail avec les personnes mourantes et leurs familles, leur façon de discuter de spiritualité, de deuil et de mort, et savoir comment elles avaient bâti leur expertise au fil des ans. Elle voulait aussi connaître les besoins de ces infirmières et le type de formation qui leur serait utile.

Anne entend utiliser cette information pour effectuer une analyse des besoins de formation et cerner les domaines qui ne sont pas couverts dans la formation des infirmières. Elle entrevoit un programme normalisé pour assurer que les patients aux antécédents culturels et spirituels divers soient traités avec professionnalisme et empathie. Elle souhaite que ce type de formation soit offert tôt en tant qu’un des premiers cours de base en soins infirmiers pour ensuite se développer plus amplement avec les années. Anne est convaincue qu’intégrer les compétences de vie au travail auprès de personnes mourantes et, de façon plus large, la communication, est tout aussi important que l’apprentissage axé sur la médication, les procédures et les techniques physiques. Elle considère l’empathie et l’écoute comme des compétences de vie qui s’acquièrent lentement plutôt qu’une pratique qui peut être maîtrisée rapidement.

J’apprécie grandement le soutien du Groupe CSA. Ça permet que mon projet soit pris au sérieux. Ça m’aide aussi à joindre des réseaux de soins infirmiers au Québec et au Canada et à partager ma contribution à l’élaboration des meilleures pratiques.

– Anne Charpentier-Hébert, étudiante à la maîtrise, Université du Québec à Montréal (UQAM)

La collection et la promotion des meilleures pratiques en soins palliatifs pourrait aussi profiter à d’autres professionnels des soins de santé dont les médecins, qui travaillent auprès de personnes mourantes. Les soins palliatifs sont de plus en plus dispensés à domicile, un aspect qui doit aussi être reconnu tout au long de la formation.

La professeure Marie-Andrée Roy, superviseure d’Anne, croit que cette recherche est significative à de nombreux égards. Ça va aider à mieux outiller les infirmières dans leur profession à mesure que le soutien spirituel est intégré officiellement à leurs tâches et descriptions de postes. En même temps, ça va aider à élaborer des outils de soutien pour les aider à acquérir une plus grande confiance dans leurs aptitudes et leur capacité d’intervenir. De plus, reconnaître l’importance des soins à domicile met en lumière le besoin de postes budgétaires appropriés à l’avenir.

Je salue le fait que c’est une infirmière qui a vu l’écart et décidé d’étudier la question. Je n’aurais pas pu considérer ce type de recherche parce que je n’ai pas l’expérience d’une infirmière sur le terrain. Je trouve qu’elle a fait preuve ainsi d’un réel leadership de pensée.

– Marie-Andrée Roy, Ph. D., professeure, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Anne entend partager les résultats de son travail avec ses pairs à divers congrès, par le biais de l’Ordre des infirmières et infirmiers, les associations d’infirmières et infirmiers et autres organisations qui offrent de la formation aux professionnels en soins de santé. Elle espère que sa recherche pourra aider à améliorer les normes de compétences en soins infirmiers et la formation pertinente pour dispenser des soins palliatifs à domicile. Collaborer avec le Groupe CSA a permis à Anne de constater l’importance de telles normes pour la prestation de soins que les personnes en fin de vie méritent.

En savoir plus sur la bourse d’études supérieures du Groupe CSA.

[1] Loi sur les soins de fin de vie, Gouvernement du Québec, https://www.quebec.ca/sante/systeme-et-services-de-sante/soins-de-fin-de-vie/loi-concernant-les-soins-de-fin-de-vie

PUBLIÉ LE

juin 16, 2022