Gestion de l’amiante au Canada : Évaluer le besoin d’une norme nationale

Citation

  • Keefe, A., Demers, P., Pahwa, M., Parelkar, S. (2021). Gestion de l’amiante au Canada : Évaluer le besoin d’une norme nationale. Association canadienne de normalisation, Toronto, ON.

Sommaire

L’amiante a été largement utilisé dans une variété d’industries depuis plus d’un siècle. Le Canada était autrefois le plus grand producteur mondial d’amiante et est demeuré un important exportateur d’amiante chrysotile jusqu’en 2012. Bien que la majeure partie de l’amiante ait été exportée, le Canada a également été un grand consommateur d’amiante. L’exposition à des fibres d’amiante peut causer de l’inflammation, des cicatrices et des dommages génétiques au niveau cellulaire. Il s’agit d’un puissant cancérigène qui cause le mésothéliome, ainsi que le cancer des poumons, du larynx et des ovaires. De plus, il provoque l’amiantose, une maladie pulmonaire fibrotique chronique qui diminue l’élasticité des poumons et rend plus difficile la respiration. Étant donné que les maladies liées à l’amiante ont une longue latence, les maladies diagnostiquées aujourd’hui sont le résultat d’une exposition qui s’est produite longtemps auparavant. Au cours des 30 dernières années, des règlements stricts régissant l’utilisation de l’amiante ont été mis en œuvre et des interdictions complètes pour l’utilisation de l’amiante ont été instaurées. Par conséquent, la source d’exposition la plus courante est la libération de fibres provenant de produits et de matériaux de construction contenant de l’amiante (MCA).

L’objectif de ce projet de recherche était d’explorer les lacunes potentielles et les meilleures pratiques en matière de gestion de l’amiante au Canada et de déterminer s’il est nécessaire de développer une norme nationale. Une analyse environnementale a été effectuée pour la gestion et la réduction de l’exposition à l’amiante au Canada et dans certaines juridictions internationales. Les résultats de l’analyse ont été complétés par un examen de la documentation et une série de 31 entrevues auprès d’informateurs clés afin d’obtenir de l’information sur les cas où une nouvelle norme pourrait être bénéfique pour les intervenants dans un éventail de rôles liés à la gestion de l’amiante.

La gestion efficace de l’amiante dépend de l’identification précise de son emplacement et de son état, de l’évaluation des risques d’exposition des travailleurs et du public, et du choix d’une stratégie appropriée pour éliminer ou réduire le risque. Malgré la présence d’un cadre réglementaire relativement solide, les lacunes et les manques d’uniformité clés suivants dans la façon dont la gestion de l’amiante est actuellement réglementée au Canada ont été identifiés par l’analyse environnementale et les entrevues auprès d’informateurs clés :

  • Responsabilité juridictionnelle : La responsabilité législative et la supervision de la gestion de l’amiante sont réparties entre les autorités fédérales, provinciales, territoriales et municipales. Cela crée des difficultés pour les employeurs et les consultants qui désirent se conformer et qui travaillent dans différentes juridictions, ainsi que des difficultés en matière d’application pour les organismes de réglementation.
  • Définitions de l’amiante : Partout au pays, il existe des définitions contradictoires de ce qui constitue l’amiante et les matériaux amiantifères. Non seulement cela complique l’identification et la documentation de l’amiante, mais cela entraîne également des difficultés dans l’évaluation des risques, le choix de mesures de réduction appropriées pour atténuer le risque et la gestion et l’élimination sécuritaire des déchets d’amiante.
  • Formation : Dans l’ensemble du pays, il y a des différences importantes dans les approches adoptées à (a) la formation des travailleurs et des superviseurs exposés à l’amiante et (b) la détermination de la compétence des personnes participant à certaines activités critiques dans le cadre de la gestion de l’amiante.
  • Sensibilisation : Il y a un manque général de sensibilisation du public à la présence d’amiante dans l’environnement construit. Comme l’amiante est mal documenté, les personnes qui vivent et travaillent dans ces bâtiments courent un risque élevé d’exposition.

Il y a une demande pour une norme nationale de gestion de l’amiante au Canada. Une telle norme pourrait ajouter de la valeur (a) en étant un moteur de l’harmonisation pancanadienne des règlements sur l’amiante et des pratiques exemplaires, ce qui permettrait d’égaliser le terrain pour les personnes travaillant dans plusieurs juridictions; (b) en établissant des niveaux de compétence minimums et en soutenant les efforts d’application; et (c) en assurant une protection équitable de tous les Canadiens.